Comment se déroule une attaque
Le scolyte repère les épicéas affaiblis à leurs émissions chimiques. Les premiers insectes percent l'écorce, l'arbre tente de les noyer sous la résine — c'est la phase où l'on voit des perles de résine sur le tronc. Si l'arbre manque d'eau, il n'y parvient pas, et un signal d'agrégation attire des milliers d'individus.
Sous l'écorce, les galeries coupent la circulation de sève. L'arbre meurt de soif alors qu'il est encore vert : c'est pourquoi la cime rousse apparaît souvent des semaines après la colonisation réelle.
Ce qu'il faut faire, dans l'ordre
L'objectif n'est plus de sauver l'arbre attaqué mais de protéger ceux qui restent. Le temps compte : chaque génération qui s'envole colonise les voisins.
- Faire diagnostiquer les sujets suspects et repérer les arbres encore sains à surveiller.
- Abattre les arbres colonisés sans attendre l'hiver.
- Évacuer ou écorcer les grumes rapidement : un tronc laissé sur place reste une pépinière à scolytes.
- Broyer les rémanents plutôt que de les stocker à proximité des épicéas restants.
- Arroser en profondeur les sujets isolés lors des sécheresses : un épicéa non stressé se défend seul.
Faut-il traiter ?
Aucun traitement insecticide n'est autorisé ni efficace en jardin de particulier contre une attaque installée. Les pièges à phéromones ont un intérêt en gestion forestière de masse, pas sur deux ou trois arbres de jardin où ils peuvent même attirer davantage d'insectes. La gestion sanitaire — abattre et évacuer vite — reste la seule réponse sérieuse.
Signaux d'alerte : quand nous appeler
- Petits tas de sciure brun-roux au pied ou sur les écailles d'écorce
- Trous d'entrée réguliers de 2 à 3 mm sur le tronc
- Écorce qui se détache par plaques, galeries gravées dessous
- Cime qui roussit en plein été
- Présence de pics qui martèlent le tronc de façon inhabituelle